Couvent de Pié Foulard (Pied Foulard)
la communauté
Issues d'une réforme de l'abbaye royale de Fontevrault (dans le sud de l'Anjou), nous avons été fondées le 25 octobre 1617 à Poitiers par Madame Antoinette d'Orléans-Longueville (1572-1618). La congrégation naissante (Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire) sera marquée par un esprit de simplicité et de pauvreté de vie. La supérieure n’est plus une abbesse mais une prieure élue. Les communautés sont unies entre elles par des liens étroits de charité.
Notre communauté a vécu à Poitiers jusqu’en 1962, date à laquelle nous avons déménagé à Saint-Julien-l'Ars (Vienne). En octobre 1999, nous sommes passées du département de la Vienne au sud du département des Deux-Sèvres. Nous sommes implantées à Prailles, dans un ancien logis huguenot, en Pays Mellois, terre marquée par les guerres de religion. En 2002, des sœurs de la communauté de Kerbénéat (Finistère) nous ont rejointes.
Communauté d’une quinzaine de sœurs, nous vivons L' Évangile, jour après jour, à la manière de Saint-Benoît. Notre présence monastique discrète, simple et accueillante à tous, se veut être signe de réconciliation et de paix. L'écoute de la Parole de Dieu nous rassemble plusieurs fois par jour dans la prière communautaire et personnelle. Elle nous construit en communauté et nourrit notre vie fraternelle, notre travail, l'accueil et façonne nos journées. Des liens de prière et d'amitié se tissent avec nos frères protestants de la région. Nous nous retrouvons autour de la Parole de Dieu dans la nuit du 31 décembre pour entrer dans l'année nouvelle et au petit matin de Pâques pour célébrer la Résurrection du Seigneur.
Une imprimerie spécialisée dans les faire-part de naissance est notre principale source de revenus. Les commandes viennent de toute la France et même de l'étranger.
Histoire du site
Le lieu-dit Pied Foulard et une métairie de ce nom apparaissent dans les sources au milieu du 16e siècle. Le logis figure sur l'ancien cadastre, il aurait été construit pour Anne Chalmot, d'une famille protestante d'échevins de Niort, seigneurs de Pied Foulard. Elle épousa en 1676 Josias d'Auzy. Dans le premier quart du 18e siècle, leurs enfants y habitaient. Le domaine est resté la propriété de la famille d'Auzy jusqu'au début du 19e siècle. Vers 1818, à l'époque de l'établissement de l'ancien plan cadastral, le nom de Dauzy a été rayé et remplacé par celui de Louis Mougon, demeurant à la Bessière à Vitré. A cette époque le logis était imposé pour dix ouvertures. Le cimetière privé figuré sur l'ancien plan cadastral est probablement celui de la famille d'Auzy. Les descendants de Louis Mougon y ont vécu pendant tout le 19e siècle. Plusieurs membres de cette famille reposent dans un autre cimetière privé, situé plus à l'est. En 1996, une communauté de bénédictines, fondée à Poitiers en 1617, installée à Saint-Julien-l'Ars (Vienne) depuis 1962, a acquis la propriété. Après des travaux de restauration, d'appropriation et de cosntruction sur un projet de l'architecte Denis Thoumin, les moniales s'y sont installées en 1999.
Le Château de Bessière
Le manoir est bâti sur une colline. En contrebas de la pente sud se trouve un étang. Deux bras d'un ruisseau, à l'ouest, et des bois, à l'est, délimitent l'ensemble.
Le château de la Bessière apparaît pour la première fois dans les hommages d'Alphonse de France, comte de Poitiers, au XIIIe siècle, Hugues de la Touche en était alors seigneur. Il passa ensuite à la famille de Saint Gelais Lusignan. En 1432, Tranchant de Saint-Gelais, chevalier, seigneur de la Bessière, n'ayant pas d'enfant, le légua à ses neveux et par le jeu d'un partage, il échut à Jean de Saint-Gelais. La demeure passa ensuite à différentes familles, aux Chabanais, aux Brémond d'Ars, aux Payen, et aux Gourjault. Le château a été construit au XVe siècle, largement restauré et agrandi vers 1880.
Les différents corps de bâtiments sont répartis autour d'une cour trapézoïdale dont le logis occupe la partie sud. Celui-ci est constitué d'un corps de bâtiment rectangulaire flanqué d'un pavillon à l'ouest et prolongé de deux travées à l'est, l'ensemble est couvert en ardoise. Un escalier secondaire, en bois, a été installé dans l'agrandissement est du logis. Les baies des lucarnes ont un décor trilobé inscrit dans un fronton triangulaire. La forge est couverte en tuile mécanique, la tour sud en zinc, les tours ouest et est en tuile plate et en ardoise. Tous les autres bâtiments sont couverts en tuile creuse sauf le hangar accolé à la grange et la dépendance à l'est de la forge qui ont des toits en tôle ondulée.
Château de la Lussaudière
Historique
Les premiers seigneurs connus au manoir de la Lussaudière sont les Pandin. Vers 1750-1760, le logis appartenait aux d'Auzy et plus tard, il devint la propriété du général Poinsignon. Le corps central du logis pourrait remonter au 17e siècle et les deux pavillons au 19e siècle.
Description
Le logis de la Lussaudière présente un corps de bâtiment central flanqué de deux pavillons plus hauts. Le corps central a une élévation à trois travées avec porte centrale, un étage et un comble à surcroît. Les pavillons sont à deux étages et un comble à surcroît éclairé par une lucarne à fronton triangulaire.
Documentation
Le lieu-dit Lussaudière apparaît dans les sources avant la fin du 15e siècle : Lourssaudère (1470), Louxaudière (1537).
Josué Pandin, fils puîné de Jean et de Marie Barbade, est la souche de la branche Pandin de Lussaudière, qui demeurait dans le logis qui porte ce nom entre 1636 et la Révolution.
Le premier synode du désert du Poitou ce serait tenu en 1744 dans ce logis.
En 1818, à l'époque de l'établissement de l'ancien plan cadastral, (Gaspard-Jacques ?) Pandin, maire de Prailles était le propriétaire de ce domaine. Parmi les parcelles qui faisaient partie du domaine, on remarque la basse cour (C292), le bosquet (C297), le champ de la fuie (C298), le lavoir (C303), le réservoir (C318), et la garenne (C319).
Dans le second quart du 19e siècle, le domaine de Lussaudière entre dans la famille Poinsignon par le mariage en 1834 de Charlotte-Louise-Germaine Pandin de Lussaudière, née en 1801, fille de Gaspard-Jacques, fils aîné de Josué III, avec Jean-Nicolas Poinsignon, né en 1790 à Montigny-lès-Metz, le futur général de brigade. Au moins deux générations de la famille Poinsignon vont y habiter.
Leur fils Dominique-Jean-Théophile-Auguste, appelé Auguste, né à Prailles en 1835, épousa en 1862 Jeanne-Marguerite-Laure Taillefer, âgée de 16 ans, fille de Pierre-François-Alcide, juge de paix du canton de Celles, et de Pauline-Virginie-Thomas Belleroche, qui avaient fait construire vers 1845 le logis de Fontiville, dans la commune voisine de Vitré. En 1866, Anne-Fanny Taillefert, la soeur de Laure, épousa Alfred Guille-Desbuttes et ce couple s'installa au logis de Fontiville tout proche. Les relations entre les deux soeurs ont semble-t-il été étroites.
Auguste Poinsignon, chevalier de la Légion d'honneur, décédé en août 1915, a été inhumé dans le cimetière communal de Vitré, tout comme son épouse, décédée en juillet 1937.
A l'extrême fin du 18e siècle, le 18 floréal an VI (7 mai 1798), Josué-Louis Pandin, fils puîné de Josué III, est dit demeurer à Prailles, et très probablement dans le logis de ses ancêtres. Par l'alliance matrimoniale de sa nièce, Charlotte-Louise-Germaine Pandin, le domaine de Lussaudière va entrer dans la famille Poinsignon.
Certains noms des parcelles de l'ancien plan cadastral nous apportent des informations complémentaires sur ce manoir : la fuie située au sud des bâtiments avait déjà disparu ; au sud-est, une parcelle bien délimitée portant le nom de "bosquet", suggère l'aménagement d'un jardin organisé, hypothèse confortée par la séparation rectiligne, une ancienne allée (cavalière ?) entre la parcelle dite le bosquet (C297) et le champ de la fuie (C298) ; par ailleurs, il y avait probablement eu des aménagements hydrauliques sous-entendus par la présence d'un réservoir, d'un lavoir et d'une mare. (Souce : Inventaire du patrimoine de la région Poitou-Charentes).